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Le manager artistique*
Par Me Rany SADER et Me Nisrine HADDAD
Artist management is the most frustrating job in show business,
I know, I've done it.
Richard Schulenberg (Legal Aspects of the Music Industry)
En harmonie avec l'évolution technologique en générale, et notamment
dans le domaine de la diffusion télévisée et radiophonique, le monde
de l'art, au Liban et dans les pays arabes, a été, ces dernières
années, témoin d'un essor jamais connu auparavant.
Alors, le nombre des artistes et des personnes travaillant dans
le secteur artistique tels les producteurs, les poètes, les compositeurs,
les entrepreneurs de spectacles, les réalisateurs, les distributeurs
et les artistes - interprètes (chanteur, musicien, etc.) . a sensiblement
augmenté.
Une évolution du cadre juridique gérant les relations professionnelles
liant l'artiste - interprète aux différentes personnes travaillant
dans le domaine artistique ainsi qu'une transition au professionnalisme
total à travers l'organisation de ces relations par des contrats
spécialisés ont inévitablement accompagné cet essor artistique dans
notre monde arabe.
Suite à cette évolution et à la diversité des occupations de l'artiste
- interprète (préparer, lancer et faire la commercialisation des
chansons, tourner des vidéoclips, donner des représentations, participer
à des émissions télévisées et radiodiffusées, faire des publicités,
etc.), les professionnels d'entre eux devaient inévitablement recourir
à une personne spécialisée en management pour les assister et les
aider à organiser l'ensemble de leurs affaires artistiques.
La présence d'un manager dans la vie de l'artiste - interprète professionnel
est devenue une évidence, de sorte que certains se demandent sur
la possibilité de l'évolution de l'artiste, sur le plan professionnel,
en l'absence de son manager, surtout que la réputation de certains
managers a dépassé celle des artistes.
Le management artistique est plus qu'une simple profession de gestion.
Le manager doit jouir de maintes qualités, d'une large expérience,
et d'un niveau culturel élevé (dans les divers domaines et notamment
dans ceux artistiques, musicaux, de commercialisation, de gestion,
voire même financiers et juridiques .). Plus encore, il doit jouir
d'un sens artistique distingué . puisque le manager est capable
de propulser l'artiste vers la célébrité aussi rapidement qu'il
est capable de le conduire à l'échec, surtout qu'exercer la profession
du management artistique ne requière ni licence ni conditions préservant
les droits de l'artiste, semblablement à celles en vigueur dans
certains pays comme c'est le cas dans les Etats-Unis de l'Amérique
(l'état de la Californie) qui n'autorisent qu'aux accrédités par
la loi d'exercer le management des artistes.
La présence d'un manager dans la vie de l'artiste - interprète professionnel
est devenue une évidence, de sorte que certains se demandent sur
la possibilité de l'évolution de l'artiste, sur le plan professionnel,
en l'absence de son manager, surtout que la réputation de certains
managers a dépassé celle des artistes.
Par conséquent, le choix du manager est un des plus importants choix
faits par l'artiste et il influe positivement ou négativement sur
son parcours artistique, vu l'importance du rôle qu'il joue surtout
quant au planning à long terme de l'avenir de l'artiste - interprète.
Néanmoins, dans notre monde arabe en particulier, choisir un membre
de la famille pour gérer les affaires de l'artiste est un phénomène
commun. Par exemple, l'artiste Nawal Al Zoghbi a fait de son mari
son manager, et l'artiste Ragheb Alameh a également compté sur son
frère pour gérer ses affaires, et de même ont fait Ramy Ayyach et
Diana Haddad.
Mais malgré ces exemples réussis, cela n'est d'ailleurs pas la meilleure
et l'unique manière de choisir un manager, car un membre de la famille
ou un meilleur ami n'est pas forcément le manager adéquat, vu que
ce dernier doit jouir de spécifiques qualités et d'expériences artistiques
l'habilitant à exécuter les nombreuses tâches ramifiées qu'il doit
prendre en main. A titre d'exemple, les deux artistes Amr Diab et
Nancy Ajram ont choisi des managers hors du contexte familial et
ils ont réalisé un succès sans précèdent en une très courte période.
De même a fait le musicien Guy Manoukian
A notre avis, le fait que le manager soit un membre de la famille
ou non n'a aucun effet juridique sur la relation qui lie l'artiste
à son manager si elle est encadrée par une convention écrite signée
par les deux parties, stipulant les droits et les obligations incombant
à l'une ou à l'autre des deux parties, et définissant les compétences
du manager, pour éviter la naissance des litiges. Sachant que la
relation artiste - manager est l'une des relations les plus tumultueuse
dans le monde de l'art.
Notons que les contrats qui unissent l'artiste à son manager ne
sont pas des contrats nommés (c'est-à-dire encadrés conformément
à des législations spécifiques) ; et par conséquent, outre le contrat,
ils restent soumis aux textes généraux mentionnés dans les textes
civiles et commerciaux et par ceux relatifs à la propriété intellectuelle
en générale.
L'objectif de cette étude est de donner aux artistes et aux managers
un aperçu sur ce que doit contenir le contrat signé par l'artiste
et le manager, sachant qu'il faut recourir à un avocat spécialisé
en propriété intellectuelle en générale, et en affaires artistiques
en particulier, pour organiser un tel contrat, vu son importance
et sa précision, et ce malgré la ressemblance de la majorité des
contrats de management artistique.
1. La différence entre le manager et l'agent :
- Il est inévitable d'abord de rappeler la confusion faite dans
certains milieux artistiques qui ne différencient pas entre le manager
et l'agent, étant donné que tous les deux sont considérés comme
les représentants personnels de l'artiste - interprète.
L'agent fournit spécifiquement des efforts pour obtenir
et/ou présenter des offres et/ou obtenir des promesses et/ou essayer
d'obtenir des contrats, des représentations, et des opportunités
de travail à travers lesquelles l'artiste - interprète performe.
D'habitude, ses tâches s'achèvent par la signature du contrat entre
l'artiste - interprète et la tierce personne (qu'elle soit une personne
physique ou morale) ; sachant que son nom est rarement mentionné
dans ce contrat, bien qu'il négocie ses termes contractuelles afin
d'en procurer les meilleures, vu qu'il obtient un pourcentage déterminé
(allant de 5 à 20% de la valeur du contrat) du revenu de l'artiste
- interprète. Par conséquent, il n'est pas concerné par l'exécution
du contrat et de ses subdivisions ou par la poursuite des affaires
de l'artiste - interprète ou autres.
Par contre, le manager s'occupe des affaires quotidiennes
de l'artiste - interprète se rapportant à son évolution, et à la
gestion de ses affaires. De même, il lui fournit les conseils nécessaires.
Nous s'attarderons plus tard sur ce sujet.
Et par conséquent, les tâches de l'agent sont totalement
différentes de celles du manager.
Notre monde arabe confond toujours les deux concepts
susmentionnés, soit théoriquement ou pratiquement, vu que l'artiste
- interprète traite souvent avec une seule personne pour être à
la fois son agent et son manager.
2. La durée du contrat :
- La durée du contrat est l'un des premiers points sur lequel l'artiste
- interprète et son manager doivent s'accorder.
L'artiste - interprète préfère souvent que la durée
du contrat soit relativement courte afin de récupérer sa liberté
de se contracter avec une tierce personne au cas où les circonstances
changèrent.
Par contre, le manager préfère que la durée du contrat
soit longue, surtout si l'artiste - interprète était débutant dans
le monde de l'art, car les efforts déployés par le manager peuvent
tarder à donner leur fruit.
D'habitude, la durée du contrat varie entre 3 à 5 ans,
et peut parfois atteindre les 10 ans (par exemple le bureau du Studio
Al Fann). La première durée contractuelle ne doit pas être, de préférence,
inférieure à 2 ans puisque les efforts du manager ne verront pas
probablement le jour avant un an à cause des premiers travaux préparatoires.
Néanmoins, il est possible d'insérer dans le contrat
une clause de sortie permettant la résolution du contrat avant son
terme si les deux parties n'atteignent pas le but poursuivi par
le contrat (il est souvent spécifié par une certaine somme d'argent
découlant des affaires ou par un certain nombre de chansons par
exemple) ; il est également possible d'ajouter une clause de reconduction
tacite du contrat pour des périodes supplémentaires sauf si l'une
des deux parties déclare expressément sa volonté de mettre fin au
contrat en question.
3. Les obligations du manager :
- Il incombe au manager de prendre en charge les aspects quotidiens
de gestion relatifs au travail de l'artiste, et de chercher à évoluer
et à améliorer la performance de l'artiste, de faire la commercialisation
de ses affaires et d'améliorer son image.
Il est tenu d'employer ses expériences, ses recherches,
ses spécialisations, sa connaissance, ses relations artistiques
et médiatiques, ainsi que toutes les habiletés qu'il possède pour
mettre en évidence une image spéciale et unique de l'artiste, et
pour évoluer et améliorer cette image.
Le manager est également chargé de négocier au nom de
l'artiste tous les contrats artistiques et publicitaires afin d'assurer
les termes contractuels optimaux garantissant au mieux les intérêts
de l'artiste, et il fournit pour y parvenir les soins avec la diligence
d'un bon « père de famille », et par conséquent, il est chargé de
refuser toute offre pouvant nuire à l'évolution artistique de l'artiste
- interprète.
Notons à ce sujet l'importance de bien choisir le manager
qui doit rejeter les offres, même si elles sont rentables, pour
préserver l'image et l'évolution de l'artiste qu'il représente.
Il est souvent conseillé aux artistes - interprètes de conférer
au manager le pouvoir limité de signer les contrats à court terme
seulement (tel le contrat d'un récital de chant, ou d'une publicité,
etc.). En ce qui concerne les autres contrats comme la renonciation
des droits artistiques, ou le droit de l'exploitation de l'image
de l'artiste pour une période excédant une seule année, il est préférable
que l'artiste appose sa propre signature sur de tels contrats afin
de préserver ses intérêts et d'éviter d'engager la responsabilité
du manager.
Dans le cadre de la poursuite des affaires artistiques,
le manager est concerné par le choix des personnes accompagnant
et/ou concernées par les affaires de l'artiste - interprètes tels
l'ingénieur du son, les danseurs, les musiciens, etc.
De même, il est chargé directement du choix des mots
et des mélodies pris des poètes et des compositeurs, et il opte
pour les distributeurs, les compagnies de production, et les maisons
de disque .
Il a également pour mission de choisir les agents avec
qui il s'accorde sur toutes les conditions y compris les commissions.
Le contrat doit mentionner si le manager possède ou
non une autre qualité que celle d'agent ou de producteur.
Le manager se charge également des contrats non artistiques
faisant partie des affaires de l'artiste - interprète tel le choix
des avocats représentant l'artiste devant les tribunaux, ainsi que
les comptables et autres. Il en est de même pour les contrats à
titre onéreux, ainsi que pour les fêtes de charité ou les festivals
à caractère publicitaire ou charitable.
Il se charge généralement de la révision des offres
artistiques au sens large (des spectacles musicaux, des festivals,
des pièces de théâtres, des émissions télévisées, des films de cinéma,
des publicités, l'exploitation commerciale de l'image de l'artiste,
etc.), en d'autre terme, de tout ce qui concerne les affaires et
l'image de l'artiste.
Insistons ici sur ce qui suit : Le contrat doit explicitement
et clairement stipuler le cas de divergence d'opinions entre l'artiste
- interprète et son manager par rapport à toutes les affaires tel
le choix des mélodies, du titre de l'album ou de la compagnie de
production, etc. Le cas échéant, la solution réside en l'adoption
de l'avis de l'artiste et/ou celui de manager, et ce suivant les
cas. Cependant, certains managers refusent de signer un contrat
ne leur conférant pas le plein pouvoir de management et de prises
de toutes les décisions malgré la désapprobation de l'artiste.
Le manager doit chercher à assurer à l'artiste la publicité
nécessaire et décente, et ce afin de faire la commercialisation
de ses ouvres artistiques ; de même, il s'occupe de toutes ses campagnes
publicitaires et de ses relations publiques, et il doit superviser
et faire évoluer le site Web propre à l'artiste, et de protéger
son nom de domaine (pour interdire toute l'exploitation par une
tierce personne).
En plus, il est chargé de préserver l'image de l'artiste
par tous les moyens tel l'enregistrement du nom de l'artiste comme
marque déposée afin de l'exploiter commercialement.
Le manager s'engage également à fournir les conseils
en tant que conseiller artistique de l'artiste et de donner son
avis sur tous ses oeuvres artistiques quoi qu'elles soient, et par
conséquent, il aide l'artiste à choisir les ouvres littéraires,
artistiques, et musicales les plus convenables, et à tout ce qui
se rapporte avec sa vie professionnelle en générale.
Le manager est tenu à veiller sur l'exécution des contrats
artistiques comme convenus afin d'assurer les intérêts de l'artiste,
et pour ce il est en droit de prendre toutes les mesures qu'il juge
nécessaires tels le fait de se pourvoir en justice devant les tribunaux
de tous genres et degrés pour assurer la bonne exécution des contrats
ou la réclamation des dommages - intérêts en cas d'inexécution ;
il a également le droit de recourir à l'arbitrage conformément à
ce qu'il juge convenable.
Le manager collecte également toutes les sommes découlant
des contrats et de tous les oeuvres artistiques accomplies par l'artiste
et il remet à ce dernier les droits financier qui lui sont dus au
titre des affaires auxquelles il participe, à partir de tous les
revenus nets réellement perçus, après la réduction de toutes les
dépenses versées par le manager.
A ce stade, il est possible d'insérer dans le contrat
une clause définissant la nature et le plafond des dépenses. Il
doit par conséquent tenir une gestion en bonne et due forme des
sommes découlant de tous les contrats propres à l'artiste - interprète,
et de les mettre à sa disposition dans tous ses bureaux, et ce dernier
dispose du droit de regard et d'examen sur les documents fournis
quand bon lui semble.
Notons à ce sujet que certains managers professionnels
n'accompagnent pas souvent les artistes - interprètes dans leurs
voyages, fêtes ou spectacles, mais des managers de route les remplacent
et prennent soin des visas, de toutes les réservations, du théâtre,
de l'éclairage, de l'ingénierie du son, etc., à condition qu'un
accord préalable soit établi entre l'artiste et le manager concernant
la partie qui assumera les charges. Or, cela ne s'avère pas être
un principe général car nombreux sont les managers qui seuls prennent
en main toutes les affaires malgré leurs ramifications.
La difficulté réside dans la détermination de ce qui
fait partie du cadre artistique et de ce qui entre dans le cadre
personnel de l'artiste - interprète, afin de dresser une image claire
de l'étendue possible de l'intervention du manager dans la vie personnelle
de l'artiste, surtout que celle-ci a un grand effet sur l'image
de l'artiste en générale.
4. Les obligations de l'artiste - interprète :
- Le contrat liant l'artiste à son manager est un contrat synallagmatique,
générant des droits et des obligations à la charge des deux parties.
En contre partie des efforts déployés par le manager
pour exécuter le contrat, il est possible que l'artiste s'engage
à s'abstenir de mandater tout autre manager durant toute la durée
du contrat, et il a également tenu de s'abstenir de conférer à toute
autre personne toute compétence considérée comme faisant partie
de celles accordées au manager, sauf après l'obtention du consentement
par écrit de ce dernier.
Notons que la majorité des contrats de management sont
à caractère exclusif du côté de l'artiste, mais le manager conserve
le droit de gérer les affaires d'autres artistes.
L'artiste s'engage également à refuser tout travail
rémunéré ou gratuit qui pourrait être désapprouvé par le manager.
Sachant qu'il a le droit de refuser tout travail pouvant être approuvé
par le manager, à condition que ce refus, soit justifié, et que
la justification soit établie par un document écrit adressé au manager
avec accusé de réception, sinon le contrat signé entre eux sera
réputé comme résolu à la charge de l'artiste avec tout ce qui s'ensuit
comme effets, responsabilités et clauses pénales incombant à l'artiste
en faveur du manager.
L'artiste confirme que la signature des contrats techniques
relève de la compétence et de la responsabilité du manager. Il est
avisé de s'accorder à ce que l'artiste signe sur le brouillon des
contrats ou sur la copie originale des contrats à long terme en
guise de son approbation explicite quant à leurs contenus (tels
les contrats relatifs aux droits d'édition ou d'exploitation commerciale
de l'image de l'artiste pour une durée excédant les six mois ou
l'année).
Par ailleurs, l'artiste assume seul la pleine responsabilité
de quelle nature qu'elle soit de toute abstention d'exécuter tout
contrat ou obligation ou de toute exécution partielle du contrat
ou contraire aux termes mentionnés et signés par le manager, sauf
si l'abstention est due à une force majeure ou à des circonstances
imprévues qui ne peuvent lui être imputées, ou autres, conformément
aux lois en vigueur.
L'artiste est tenu de soumettre au manager toutes les
offres qu'il reçoit de toute source qu'elles soient, afin de les
négocier, les accepter ou les rejeter, et de signer les contrats
définitifs s'y rapportant.
Sachant que tout contrat avec les tiers pouvant être
entrepris par l'artiste par voie directe ou indirecte, verbale ou
par écrit, à contre partie ou sans contre partie, est considéré
nul s'il n'est pas joint à l'approbation écrite du manager, et il
peut aboutir à la résolution du contrat à la charge de l'artiste.
Il est toutefois possible de déroger à tout ce qui a
été susmentionné selon la divergence des cas et des personnes.
5. La constitution d'un mandat authentique :
- Il est de coutume que l'artiste constitue un mandat authentique
devant un notaire en faveur du manager afin de lui conférer les
pleins pouvoirs pour entamer l'exécution des obligations qui lui
sont imposées, à condition que ce mandat contienne toutes les compétences
conférées au manager conformément au contrat, notamment la négociation
et la signature sur tous les contrats artistiques avec les compagnies
de production, les organisateurs de spectacles, les compagnies de
commercialisation et de publicité, l'enregistrement des marques
déposées, ainsi que la réclamation de tous les droits matériels
et immatériels revenant à l'artiste, et la perception des honoraires
et des fonds dus à ce dernier découlant des oeuvres artistiques
qu'il a accomplies, en un seul versement ou par acomptes, soit au
comptant soit par des virements ou des cheques, et le dépôt de ces
fonds dans ses comptes bancaires.
Il est préférable d'insérer dans le contrat une clause
stipulant que si l'artiste procède abusivement à la révocation du
mandat du manager avant le terme du contrat et sans excuse raisonnable,
il lui incombe de payer le montant de la clause pénale convenue
comme dommages - intérêts au manager en compensation de cet abus,
et ce de plein droit et immédiatement sans mise en demeure préalable
ou recours judiciaire.
6. La couverture géographique du contrat :
- L'effet du contrat signé entre l'artiste et le manager est souvent
international, prend effet partout dans le monde, sauf stipulation
contraire des deux parties, ils déterminent alors les régions et
les pays où s'applique le contrat.
7. Les revenus du manager :
- Généralement, le manager reçoit en contre partie de son travail
et des services qu'il rend un pourcentage des sommes perçues par
l'artiste - interprète. Ce pourcentage varie selon l'artiste et
le manager, et oscille d'habitude entre 15 et 30% de la totalité
des sommes encaissées. Ce pourcentage atteint parfois 50 ou 60%,
si l'artiste était débutant dans le domaine artistique, alors que
le manager jouit d'une expérience et d'une forte réputation.
Notons à ce sujet que la commission varie selon l'artiste
- interprète, sa réputation et le nombre des travaux accomplis par
le manager, ainsi que selon les termes et la durée du contrat.
Les honoraires reçus par le manager n'ont rien à voir
avec ceux reçus par l'agent. Le contrat doit mentionner le cas du
cumul des deux qualités manager et agent et/ou producteur à la fois
dans la même personne dans certains cas, et l'effet de cela sur
les honoraires.
A notre avis, les deux parties sont tenues, dans ce
cas en particulier, à s'accorder à augmenter progressivement les
pourcentages.
Notons que certains managers exigent obtenir un salaire
mensuel déterminé en contre partie de leurs travaux.
Ici, il faut faire attention à ne pas confondre entre
le contrat de management et le contrat de travail, vu la différence
de leurs termes et de leurs effets juridiques.
8. La clause pénale :
- Le contrat liant l'artiste à son manager peut stipuler que toute
défaillance dans l'exécution du contrat ou de l'une de ses clauses,
oblige la partie défaillante à payer une clause pénale dont le montant
non modifiable est fixé par les deux parties en guise de dommages
- intérêts.
9. La résolution du contrat :
- Le contrat signé entre l'artiste et le manager peut prendre fin
à l'arrivée de son terme si l'une des deux parties exprime expressément
son intention de ne pas le renouveler. Des circonstances particulières
peuvent se produire conduisant à la résolution du contrat avant
son terme, à condition que ces cas soient stipulés dans le contrat
(Clauses de sortie), tel le cas où le manager entre abusivement
en possession des fonds de l'artiste - interprète (vol, abus de
confiance, .), ou si l'une des deux parties porte sur l'autre partie
une atteinte physique
(coup, voie de fait, .), ou morale (diffamation, insulte
publique, etc.), prise de pourcentages non déclarés et/ou la non
satisfaction des buts poursuivis par le contrat comme l'obtention
d'un certain nombre de spectacles et/ou de contrats d'édition et/ou
de chansons, etc...
10. Le règlement des litiges :
- Parfois, le contrat peut stipuler un mécanisme pour le règlement
des litiges tels la désignation d'un tribunal pour être compétente
à trancher tout litige qui pourrait naître entre les deux parties,
ou l'insertion d'une clause compromissoire stipulant le règlement
des litiges par voie d'arbitrage, et peut également mentionner la
loi applicable aux dits litiges.
En plus de tout ce qui a été mentionné, le contrat doit
stipuler maints points tel le fait de ne pas considérer le manager
comme un salarier, et par conséquent, il n'est pas soumis au droit
du travail (sachant que la relation liant l'artiste au manager peut
être considérée comme un travail, par conséquent elle est soumise
au droit de travail, et le contrat les unissant devient un simple
contrat de travail).
Egalement, quand l'artiste devient une célébrité, il
aurait besoin de plusieurs managers pour organiser ses affaires
et ses spectacles dans les divers pays, il peut alors recourir à
un manager pour prendre en charge l'organisation des spectacles,
et à un autre pour s'occuper des aspects de commercialisation, et
à un troisième pour s'occuper de l'image et des apparitions télévisées
et radiophoniques de l'artiste . à condition de ne pas passer outre
tout autre contrat précédent conclu avec tout manager, sous peine
de la résolution du contrat à la charge de l'artiste et le paiement
du montant de la clause pénale qui est souvent exorbitant ..
Pour conclure, il est inévitable de rappeler que cette
étude n'est qu'un ensemble de propositions et d'idées, c'est le
fruit d'expériences et de consultations que plusieurs artistes et
managers nous ont demandé de préparer ; dans l'espoir d'avoir contribuer
à clarifier la relation contractuelle les unissant, mais ce qui
compte le plus est le fait que les artistes et les managers doivent
posément étudier les contrats qui les unissent avant d'y apposer
leurs signatures, afin de préserver leurs intérêts et leurs droits
matériels et immatériels, sachant qu'il n'existe ni règles ni prototypes
préparés au préalable qu'on peut toujours appliquer, vu que les
termes du contrat liant l'artiste à son manager varient selon les
personnes qui se contractent.
Me Rany SADER
Me Nisrine HADDAD
rany.sader@saderlaw.com
nisrine.haddad@saderlaw.com
Bibliographie :
1- Krasilovsky/ Shemeel/ Gross, «This business of music: the definitive
guide to the music industry», 9th Edition, Billboard Books, USA.
2- Richard Schulenberg, «Legal aspects of the music industry: an
insider's view of the legal and practical aspects of the music business»,
Billboard Books, 2005, USA.
3- Pierre-Marie Bauvery, «Les contrats de la musique», Edition Irma,
2003, France.
4- «Loi sur le statut de l'artiste annotée», Préparé par les services
juridiques du tribunal canadien des relations professionnelles artistes-producteurs,
CARSWELL, 1999, Canada.
5- Jean-Francois Bert, «L'édition musicale», Edition Irma, 2003,
France.
6- «Writers & Artists yearbook 2005», Ninety-eighth Edition, A&
C Black, London.
7- Martin D. Fern, Danielle D. Fern, «Warren's forms of Agreements»,
Business forms, LexisNexis, Matthew Bender, 2005, Volume 7.
8- André Bertrand, «Le droit d'auteur et les droits voisins», 2°
Edition, Dalloz, Delta, 1999.
9- Claude Colombet, «Propriéte littéraire et artistique et droits
voisins», 9° Edition, Dalloz, Delta, 1999.
10- Delia Lipszyc, «Droit d'auteur et droits voisins», Editions
UNESCO, 1997, Belgique.
11- David Vaver, «Essential of Canadian Law: Intellectual Property
Law, Copyright, Patents, Trade-Marks», Irwin Law, 1997, Canada.
12- Xavier Linant de Bellefonds, «Cours: Droits d'auteur et droits
voisins», Edition Dalloz, 2002, France.
13- Lesley Ellen Harris, «Canadian Copyright Law», 3rd Edition,
McGraw-Hill Ryerson Limited, 2001, Canada.
14- Melville B. Nimmer, David Nimmer, «Nimmer On Copyright», LexisNexis,
Matthew Bender, 2005.
* Nous remercions Mlle Rita Khatter et Mr. Kamal Younes pour leurs
efforts au niveau de la traduction. |